ABRAHAM

II) ABRAHAM : (chap 12-25)

Avec Abraham donc, l’histoire sainte rentre dans l’histoire tout court. En effet, Abraham est le premier personnage biblique dont on peut à peu près identifier la période. C’est ainsi qu’on s’accorde généralement pour dire qu’il a vécu aux alentours de 1900av JC.

Abraham, qui peut se rendre par père d’une multitude, s’est d’abord appelé Abram (le père est exalté), avant que Dieu ne lui donne le nom que nous lui connaissons. Ce nom lui fut donné pour signifier qu’il serait père d’une multitude, c’est à dire père de tous les croyants en ce Dieu avec qui il avait fait alliance.

A) La foi d’Abraham :

Abraham possédait une foi claire et avisée en un Dieu unique, contrairement à ses ancêtres et aux peuples qui l’entouraient. Il adorait Dieu comme étant tout puissant (cf. Gen 17, 1), éternel (Gen 21, 33), le Seigneur du ciel et de la terre (Gen 24, 3), et le juge de toute l’humanité (Gen 18, 25). Abraham entretenait également une relation d’intimité avec Dieu (ex : Gen 18, 33). Il avait parfois des visions (Gen 15, 1) et il lui est même arrivé d’avoir la visite d’Anges (Gen 18, 1).

Un autre point qui caractérisait la foi d’Abraham, c’était son désir permanent de vouloir obéir à Dieu, même quand cela pouvait impliquer le sacrifice de son fils à Moriah (Gen 22, 1-14). Sa foi n’était cependant pas sans faille, c’est ainsi qu’en Genèse 12, 11-13 et Genèse 20, 2-11 Abraham mentit en prétendant que sa femme était sa soeur, afin, pensait-il, d’avoir la vie sauf si les rois des pays qu’il traversait désiraient l’avoir. Mais, en général, Abraham avait une personnalité forte et généreuse.

La foi d’Abraham restera à jamais marquée par la notion d’alliance, une alliance qu’il passa avec Dieu et qu’il lui garantit la promesse d’une descendance qui s’étendrait non seulement à sa famille, mais aussi à des nations. Canaan (le futur Israël) serait leur terre.

B) L’histoire d’Abraham :

Début de la vocation d’Abraham :

Abraham fut le premier des patriarches du peuple d’Israël. Il naquit dans la ville d’Ur (Our) dans la partie inférieure de l’Euphrate. Avec son père Terah et son neveu Lot, il quitta sa ville natale. Il voyagea vers le nord jusque dans la ville d’Haran (située entre l’Euphrate et le Tigre près de la frontière moderne qui sépare la Turquie de la Syrie). C’est là que le père d’Abraham mourut. Après la mort de Terah, Abraham sur l’ordre de Dieu reprit son voyage. Accompagné de son neveu Lot, il se mit en route en direction du sud vers le Néguev. Lui et Lot possédaient alors de larges troupeaux, ce qui faisait d’eux des hommes relativement aisés.

Des débuts difficiles :
Pour maintenir leurs bêtes en bonne condition, les patriarches avaient besoin de vastes étendues de terre, ce qui les rendait encore plus vulnérables aux éléments. Par exemple, une famine pouvait très bien réduire à néant leurs richesses, et ce, en un rien de temps. C’est ainsi qu’une famine poussa Abraham (comme plus tard son petit fils Jacob) à aller en Egypte. Il y vécut d’ailleurs un certain temps. Là-bas, il prétendit que sa femme Sarah était sa soeur de peur que le pharaon ne la convoitise (Sarah était très belle) et ne le tue dans le but d’avoir Sarah pour lui seul. Le Pharaon fut effectivement charmé par Sarah et la prit dans sa maison.

En échange, il couvrit Abraham de présents, pensant que ce dernier était le frère ; mais Dieu infligea au pharaon et à sa cour plusieurs maladies, c’est alors que pharaon découvrit la vérité. Il rendit Sarah à Abraham et lui ordonna de partir.

La séparation :
De retour dans les environs de Béthel, Abraham dit à Lot qu’ils devaient se séparer, ils étaient en effet devenus trop riches et leurs troupeaux trop nombreux pour continuer à vivre ensemble sur la même terre sans frictions ni disputes. Abraham proposa à Lot, son neveu, de choisir la terre où il voudrait s’installer. Ce dernier choisit la ville de Sodom dans la vallée fertile du Jourdain. Quant à Abraham, il se retira dans la région d’Hébron, région moins fertile que Sodom.

Abraham et la naissance d’Isaac :

Abraham n’avait toujours pas d’héritier, malgré la promesse de Dieu de lui accorder une descendance aussi nombreuse que les étoiles. Sarah, qui était stérile, pensa résoudre le problème en donnant à son mari Abraham sa servante égyptienne Hagar comme concubine (selon la coutume de l’époque). Hagar lui donna un fils : Ismaël (‘Dieu entend’). Puis, 3 ans passèrent avant que Dieu n’annonce qu’il accomplirait sa promesse. Abraham avait déjà 99 ans. Cette promesse était assortie de la condition que tous les descendants d’Abraham soient circoncis en témoignage de cette Alliance.
C’est alors que le patriarche reçut la visite de 3 visiteurs (des Anges, selon toute vraisemblance, ou, la Trinité selon la tradition orthodoxe).
Il était midi et Abraham était assis devant sa tente sous les chênes de Mambré à Hébron.

Ces étranges visiteurs lui dirent que sa femme Sarah enfanterait un fils. Sarah, qui avait entendu, se mit à rire, car cela faisait longtemps qu’elle avait passé l’âge de mettre au monde des enfants. Et, pourtant, un an plus tard, Sarah donna naissance à un fils : Isaac (‘il rit’)…

Le sacrifice d’Isaac :

Quelques années plus tard, Dieu commanda à Abraham de sacrifier son fils bien-aimé Isaac. Par obéissance, Abraham prépara le sacrifice, ce n’est qu’au dernier moment que le sacrifice fut arrêté par le Seigneur, qui fournit une autre victime : un bélier qui s’était pris les cornes dans des buissons tout proches. Par là, Dieu voulait tester l’obéissance, la fidélité et l’amitié de son serviteur.
Après ces événements, Abraham s’en retourna à Hébron où Sarah devait mourir quelque temps plus tard. Abraham lui-même mourut à l’âge avancé de 175 ans !
D’Abraham et de ses frères descendent de nombreux peuples qui ont marqué l’histoire de l’Ancien Testament. Les principaux peuples qui descendent d’Abraham et de ses frères sont les Israélites, les Ismaélites, les Madianites, les Edomites, les Amalécites, les Moabites et les Ammonites (voir généalogie d’Abraham → cliquez ici).

C) La symbolique du personnage d’Abraham, notamment dans le Nouveau Testament :Sa figure domine la Bible toute entière, au point qu’un des noms divins est le ‘Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob’. De sa vie, le Nouveau Testament retient surtout sa foi, en plusieurs occasions : son départ, la promesse d’une descendance et le sacrifice d’Isaac.
Abraham est l’ami de Dieu, le père des croyants et donc de toutes les nations de croyants, cela explique d’ailleurs que dans la Bible, et plus particulièrement dans le Nouveau Testament, on associe souvent Abraham à la paternité. Ce trait de paternité bienveillante trouve son accomplissement, en quelque sorte, dans la parabole de ‘Lazare et le mauvais riche’ (St Luc 16, 19-30) où Jésus utilise l’expression ‘le sein d’Abraham’ pour signifier l’endroit de consolation que les pauvres et les malheureux trouveront après la mort.
Il est à noter également que le Nouveau Testament, à l’inverse de beaucoup de passages de l’Ancien Testament, réfute l’idée que seule la descendance physique d’Abraham (i.e. Israël) se trouve bénie en lui (cf. Mt 3, 9 ; Rom 9, 7). 
Suivant cette logique, St Paul considère Abraham comme un juste, non par son élection, mais bien plutôt par sa foi (cf Rom 4, 3ss).

III) ISAAC : (chap 24-28)

A) Introduction :

Fils d’Abraham et de Sarah (alors trop âgés pour avoir un enfant), il naquit suite à l’intervention miraculeuse de Dieu.

Alors que la naissance d’Isaac était annoncé, Abraham et Sarah se mirent à rire d’incrédulité (cf. Gn 17, 17 + Gn 18, 12ss), il faut dire que c’étaient désormais des vieillards (Abraham avait 99 ans !). Quoiqu’il en soit, ce rire devait conditionner le nom de l’enfant à naître, puisqu’il s’appela Isaac, ce qui signifie ‘il rit’ ou ‘rire’.

Le nom d’Isaac, ce n’est pas seulement le rappel de l’incrédulité d’Abraham et de Sarah, c’est aussi une allusion à la joie que Dieu apporta au couple par cette naissance inespérée. Ainsi, à la naissance de l’enfant, Sarah s’exclama en Genèse 21, 6 que Dieu lui avait donné l’occasion de rire (comprenez une occasion de se réjouir).

En fait, dans la naissance d’Isaac, il faut voir l’accomplissement de la promesse que Dieu avait faite à Abraham d’avoir une descendance, promesse, qui, d’un point de vue humain, semblait impossible à réaliser.

B) L’histoire d’Isaac :

L’enfance et le sacrifice d’Isaac :

Voir l’histoire d’Abraham :
le sacrifice d’Isaac : ci-dessus

Le mariage d’Isaac :

Abraham était déterminé à ce qu’Isaac épouse une femme de sa parenté, et non une cananéenne. Il envoya donc Eliezer, un serviteur de confiance, dans le pays de son frère Nahor (voir généalogie d’Abraham, lien dans la colonne de gauche), pays d’où Abraham lui-même avait émigré (= Ur en Chaldée).

Eliezer se rendit donc à Ur en Mésopotamie. Une fois arrivé, il se posta près d’un puits situé hors de la ville. Pendant son attente, Eliezer décida que la fille qui lui proposerait à boire à lui et à ses chameaux serait l’élue. C’est ainsi qu’il trouva Rébecca, il lui mit alors un anneau en or dans le nez et un bracelet en or au poignet, puis il fut conduit dans la maison du frère de Rébecca, Laban. Ce n’est que chez ce dernier qu’il dévoila sa mission.

Le lendemain, Rébecca suivit Eliezer jusqu’en Canaan.

Isaac dans sa vieillesse :

Après de nombreuses années, Dieu répondit enfin à la prière d’Isaac de rendre Rébecca fertile. Elle donna naissance à deux fils, deux jumeaux, Esau et Jacob. Le premier était le préféré d’Isaac, tandis que le second était le préféré de Rébecca.

Dans sa vieillesse, Isaac accorda sa bénédiction, ainsi que son héritage, à son fils cadet Jacob, suite à une ruse de Rébecca. Il faut en effet savoir qu’à l’époque des patriarches, l’héritage et le lignage du peuple élu devaient normalement échoir au fils aîné.

Isaac fut enterré dans la tombe de ses parents à Mecpelah à Hébron par Esau et Jacob, alors réconciliés.

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